Union des Anciens du groupe bp

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Chères amies, chers amis,

Vous avez travaillé dans le groupe bp, vous êtes encore actif, en retraite ou en pré-retraite… Vous cherchez des anciens collègues, vous voulez en découvrir des nouveaux, alors nous vous attendons et nous vous accueillons à bras ouverts !

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Guy Delsaut, président de l’Union des Anciens bp

Edito de Présence n°116

 

 

 

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Il faudra dire à nos concitoyens que la hotte du père Noël sera vide.

Dette abyssale, retraites sous assistance respiratoire, finances publiques hors de contrôle, le tout accompagné d’un choc pétrolier, devrait nous faire réfléchir et nous réformer avant d’être mis sous tutelle.

L’économie française est particulièrement vulnérable au choc pétrolier actuel (contrôle du détroit d’Ormuz limitant les volumes de pétrole brut et de gaz sortant des pays du Golfe), et avec un chômage au-dessus de 8 % et des taux d’intérêt proches de 4 %, nous n’avons plus beaucoup de marges de manœuvre. La production, l’investissement et l’emploi vont, comme dans les années 1970 (quadruplement des prix du pétrole grâce à l’OPEP – Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole –), être pris en étau entre le choc fiscal (hausse de 20
milliards dans le budget 2026) et la hausse de ces taux d’intérêt. 

Depuis 50 ans nous n’avons pas cessé de multiplier les prestations sociales cherchant à compenser les fragilités de notre société, et ceci nous a amené aux 3 600 milliards de dettes dont près de 2 000 milliards de dettes sociales. Faut-il rappeler que la véritable rupture date de 1981 avec la retraite à 60 ans, la hausse du SMIC de plus de 10 % et des aides sociales de plus de 25 %. Et l’entrée dans l’euro nous a empêché d’utiliser les outils de la dévaluation. Depuis nous coupons dans la production, l’investissement et l’emploi, le tout compensé par
l’envolée de la dette.

Nous avons aussi inventé de nouveaux droits non financés comme le congé de naissance et la hausse de la prime d’activité (à quand une prime d’inactivité ?). L’État-providence est donc un père Noël à la hotte vide, contraint d’emprunter à l’étranger pour maintenir son niveau de vie actuel. Nous sommes pris dans un engrenage schizophrénique dans lequel les Français sont "fourmis" parce que l’État est "cigale", à leur demande, sachant que cette demande correspond à une croissance des droits depuis les années 1970. Dans ces conditions la question vient à l’esprit : pourrons-nous réformer par nous-mêmes ou devrons-nous subir la tutelle de la Troïka (FMI / BCE et UE – Fonds Monétaire International / Banque Centrale Européenne / Union Européenne –) ?

Il faut savoir que le niveau absolu de la dette compte moins que sa soutenabilité ; or avec une croissance nominale autour de 2 % par an et des taux d’intérêt à 3,9 %, le service de la dette croît plus vite que les recettes, ce qui rend toute frénésie fiscale complètement inefficace. Il faut absolument expliquer aux Français que ce déséquilibre ne peut pas perdurer et que la cause principale est l’emballement des dépenses sociales (60% de la richesse nationale y sont consacrés). Il faut revoir l’équilibre entre générations, et l’équilibre entre secteur privé et public doit être restauré. Il nous faut rejoindre le club des autres pays européens pour une retraite à 65 ans ou plus (certains envisagent 70 ans). Juste un rappel : nous allons perdre 600 000 enfants dans les classes primaires, et les plus de 75 ans seront 50 % plus nombreux –. Nous consacrons 15 % du PIB aux retraites, or la Grèce a fait défaut à 18 % et l’Italie a été mise sous tutelle à 16 % : soit nous réagissons volontairement, soit nous allons vers une crise sociale d’une rare violence. Soyons clair : le mensonge par omission ne fonctionne plus, et il ne s’agit pas d’austérité mais d’effort partagé.

Nous disposons d’atouts énormes et, en nous comparant à d’autres démocraties, trois cas se présentent : ceux qui disent la vérité comme les pays scandinaves ou l’Australie ; ceux qui ont fait sans le dire comme G. Schröder en Allemagne en 2010 ; et ceux qui subissent comme la Grèce ou l’Italie. Pour l’instant en France nous combinons le choc financier (à venir) et la mise sous tutelle (à venir). Il faudra bien finir par se rappeler cette phrase d’un grand économiste français (F. Bastiat) : "L’État est cette fiction par laquelle tout le monde prétend vivre aux dépens de tout le monde."


NB : dernière minute.
Devant les incendies qui ravagent certaines régions de France, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée reconnaissante pour nos sapeurs-pompiers (parfois agressés dans d’autres circonstances), et surtout d’applaudir cette solidarité spontanée qui s’est révélée face à la catastrophe. Mesdames, Messieurs les dirigeants, pas besoin de nouvelles normes, règles, lois, laissez faire l’être humain : il vous surprendra.

Guy Delsaut, président de l’Union bp

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Date de dernière mise à jour : 19/10/2026