Les boomeurs, des profiteurs ?
Cette question est celle posée par un ancien premier ministre parti se cacher au fin fond des Pyrénées ; la réponse est évidemment NON. Donc ceux nés entre 1943 et 1962 seraient coupables d’être toujours vivants et de plus, d’avoir eu une vie bien plus facile que leurs ancêtres (Première Guerre mondiale, crise financière et occupation pour certains) et leurs enfants. Nous avons surfé sur la croissance de l’après-guerre, la reconstruction du pays, les crédits assez facilement accordés et enfin l’allongement de la durée de vie grâce au confort matériel et aux soins de santé. Ce soi-disant constat ne fait que dresser les générations les unes contre les autres, ce dont nous n’avons pas vraiment besoin.
Faut–il rappeler très simplement que la France en 1945 était à terre, dans tous les sens du terme, et que notre génération a travaillé dur sans RTT, ni congé parental et faisant plutôt 45 heures par semaine. Elle n’a pas volé sa réussite, ni ses retraites et encore moins son patrimoine que certains estiment à environ 9 000 milliards d’euros (Fondation Jean Jaurès). Ce montant sera transmis d’ici 10 à 15 ans, générant donc des rentrées fiscales non négligeables à travers les droits de mutation, et le problème est bien là, car les besoins de la génération actuelle doivent se résoudre maintenant, pas dans 15 ans. La solution, plutôt que de renforcer une fracture entre deux voire trois générations ?
Faut–il rappeler qu’un pays comme la France a joué un rôle central dans la construction des institutions et règles qui permirent d’endiguer la violence, afin d’éviter la guerre de tous contre tous. La juridiction des gens de guerre apparaît au XIVe siècle, les auxiliaires de justice armés au XVIe siècle ; la maréchaussée est créée en 1720. Au XVIIIe l’État devient garant de la paix civile et responsable de la souveraineté nationale. Ce travail a continué jusqu’en 1945 avant d’être mis à bas de façon systématique. La réponse n’est pas forcément que répressive mais bien ÉDUCATIVE ; elle implique un changement d’état d’esprit qui réhabilite le bien commun face au règne de l’individualisme nihiliste renforcé par les réseaux. Il nous faut réagir face à ça où la loi du plus violent a remplacé l’État de droit, où la lâcheté a éradiqué le courage, où l’impuissance a remplacé l’indépendance. C’est là où nous, en tant qu’anciens, avec ou sans petits enfants, avons un rôle à jouer ; qu’il nous faut rappeler les règles de vie en société et le respect de certaines règles de base comme le respect, d’abord de la VIE, ensuite du respect de l’autorité des professeurs, des gendarmes, sans parler des gens qui nous soignent ou bien nous sauvent.
Il faut inciter les boomeurs à transmettre tout ou partie de leur patrimoine de leur vivant (sujet délicat s’il en est). On peut transmettre la pleine propriété des valeurs mobilières, même de certaines maisons (résidence secondaire ?), des assurances vie ; pour cela il faut simplement changer certaines règles fiscales, donc baisser les taux d’imposition pour ceux qui transmettent plus tôt ; ce qui a déjà été appliqué dans des budgets précédents. Un exemple simple : l’État pourrait encaisser 25 % de 2 000 milliards sur 3 ans sur des biens transmis par anticipation, soit 500 milliards, et la génération suivante pourrait investir ces 2 000 milliards pour créer son entreprise ou accéder à la propriété.
Cette initiative est simple à mettre en place. Elle apporterait un peu d’équilibre à nos finances malmenées, et surtout renforcerait les liens entre générations : quoi de mieux qu‘un parent ou grand parent aidant un jeune à démarrer son entreprise ou à construire sa maison grâce à ces transferts anticipés. Notre génération n’a rien volé et est prête à tendre la main aux deux suivantes, surtout quand il s’agit de redresser le pays.
Je profite de cet édito de fin d’année pour remercier les membres du comité de rédaction qui travaillent tous dans l’ombre, lisant et relisant les articles, pourchassant les fautes, les accents, les trémas, etc. Alain, Christian, François, Gilbert, Joëlle, Michel, Patrick, vous vous reconnaîtrez, sans oublier nos deux rédactrices Annick et Corinne, têtes pensantes qui mettent ce journal en musique avec talent et que le monde entier nous envie !
PRÉSENCE arrivera dans vos boîtes aux lettres en janvier 2026 : je me permets donc de vous adresser mes meilleurs vœux de santé et de bonheur pour vous et tous vos proches.
Guy Delsaut, président de l’Union bp